Le chataignier: l’hébergeur solidaire

Publié le 1 mai 2021 - Au fil des saisons, Sylvothérapie

Survivre aux grandes difficultés de la vie

Vous est il déjà arrivé de vous promener dans une forêt, et de distinguer la silhouette d’un arbre, complètement nu. Plus de feuilles, plus d’écorce, un bois lisse, transpercé de trous. Son dénuement est plus fort au printemps, car il contraste avec ses congénères verts. Il donne l’impression d’être mort. Mais à y regarder de plus près, on constate à ses pieds, ou au creux de son tronc, de nombreux rejets. Ne croyez pas qu’il va partir et disparaître, sans léguer le terrain à sa descendance ! Lui qui aura préparé la terre, et pris la peine de fixer le sol et l’azote, laissera en héritage une place de choix.

Depuis des temps immémoriaux, le châtaignier vit en étroite symbiose avec l’homme qui lui prodigue les soins nécessaires à sa survie. Sans doute est-ce l’arbre forestier qui exige le plus de soins. Laissé à lui-même, il dégénère et cesse de produire.*

Il s’adapte aux changements climatiques, et la capacité de survivre aux grandes difficultés de la vie. Sur le chemin de la Bégraisière à St Herblain, ou ce matin, sur le chemin du gesvres, j’ai croisé cet ancêtre de 800ans. Chapeau bas ! Le témoin, le survivant, le doyen. Son écorce ondule autour de son tronc, ses bosses témoignent de ses blessures, ses creux attestent sa qualité d’hébergeur solidaire.

Sa générosité n’est plus à démontrer., quand on prend soin de lui. Il héberge tout oiseau ou mammifère cherchant refuge. Il vit en symbiose avec l’homme qui l’entretient. Il fournit un bois permettant de scier des planches, des poutres, des structures de charpente solides et inattaquables par les insectes. A l’automne, il ravit nos papilles, par ses délicieuses chataignes. Dans sa bogue épineuse, se cachent de merveilleux trésors marrons. C’est un fruit dense, nourrissant, riche en protides, sels minéraux, vitamineB, et C. Chataignes grillées sur le feu de bois, dans les poëles à trous. Qui nous brûle les doigts, pour les décortiquer. Et qui font le bonheur de nos estomacs, par son côté sucré et alcalinisant.

A ne pas confondre avec les marrons, du marronnier d’inde, qui sont toxiques, uniques et lisses, dans une bogue qui ne pique pas. Dans le folklore breton, lorsque Dieu créa le châtaignier, le diable voulut l’imiter : il ne réussit qu’à faire le marronnier.*

Une affinité avec le monde des morts

En Espagne, en Italie, le chataignier est l’arbre relié à la mort. Il fournit le repas traditionnel de la Toussaint, de la fête des morts. Il s’en raconte des histoires, pour éloigner les revenants, ou se prémunir de la mort. Dans les croyances populaires, on leur attribue aussi, des capacités de guérison et de soulagement des douleurs.

Placées sous un oreiller ou un édredon, elles empêchent les revenants de venir tirer ou chatouiller les pieds du dormeur. Conservée dans la poche, une châtaigne soulage des rhumatismes ; au nombre de sept, elle soignent les hémorroïdes à condition de les garder jusqu’à guérison totale (Hérault). Aux États-Unis, en avoir dans une poche porte bonheur.

Des ténèbres à la lumière: fleur de la délivrance, acceptation du temps qui passe

La fleur de châtaignier est « la fleur de la délivrance » qui nous guide dans le processus de transformation suivant : « à travers les ténèbres… vers la lumière ». ** D’ailleurs sa floraison est spectaculaire ! Comme un jaillissement, un feu d’artifice, qui embellit l’arbre à la fin du printemps. On dit que l’élixir apporte de l’endurance, dans des processus d’évolution, ou le découragement, et le désespoir domine.

Cet arbre nous enseigne la résilience, l’acceptation du temps qui passe. C’est un refuge, une mémoire du temps passé, un pont vers les ancêtres disparus. En gemmothérapie, il tonifie les veines, s’oppose aux stases, fait circuler la lymphe, et détoxifie****

Je suis l’arbre du temps je peux vivre 3000 ans. Je prends mon temps pour croître, grandir, m’élever. J’ai le temps avec moi. je suis adepte de la lenteur, pourquoi se presser lorsqu’on a le temps devant soi ? Vous devriez en prendre de la graine : vous sentez-vous mieux en courant sans cesse, en vous imposant des charges et des contraintes, des obligations et des tâches incessantes ? Craignez-vous tant de vieillir, de perdre votre temps ? Prenez le temps de vivre te d’être, vieillir n’est pas une fâcheuse chose. Regardez, mon tronc, en vieillissant, se creuse et offre un abri précieux pour les voyageurs et les animaux. Acceptez de devenir refuge, écoute, mémoire, attention. Savourez le temps qui passe. Mon fruit vous aidera à digérer vos expériences de vie, qu’elles soient douloureuses ou heureuses, à vivre pleinement la richesse de ce que vous avez accompli et à accepter d’en transmettre la sève***

Sources d’inspiration : Luminessens.org* – Mechthild Scheffer, Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l’harmonie psychique** – Sylvie Verbois, Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits*** – Phytembryothérapie, Ledoux, Guéniot ****