Le jour où un épervier m’a rappelée au vivant

Publié le 30 mars 2026 - Carnet d'humeur

Une rencontre inattendue, entre ciel et jardin, qui a tout remis en perspective

J’étais installée devant mon ordinateur.
Plongée dans un challenge en ligne depuis plusieurs jours. Tunnels de vente.
Publicités.
Marketing digital. J’essayais de comprendre. D’appliquer.
De bien faire. Comme toujours.

Et puis, il y a eu du bruit. Un cri. Celui des corneilles. Un mobbing.
Agité. Insistant. Un brouhaha inhabituel dans mon jardin.
Assez fort pour couvrir la voix de mon formateur. Comme si quelque chose appelait mon attention.
M’obligeait à lever les yeux.

Alors j’ai regardé. Au-delà de la fenêtre.
À l’horizon. Et là… il était là. Un épervier. Dans mon jardin.
Juste en face de moi.

Je l’ai reconnu immédiatement. Je l’avais déjà rencontré dans le Val de Chézine. Une fois, j’étais restée longtemps immobile, au sol, à l’écouter,
alors qu’il était perché au sommet d’un arbre. Une autre fois, il avait interrompu mon chemin.
J’étais à vélo, en route pour voir mon petit-fils.
Je l’ai entendu avant de le voir.
Alors je me suis arrêtée. Et il était là.
Sur la cime d’un chêne.

Et aujourd’hui… il était dans mon jardin. Pourquoi ici ?
Pourquoi maintenant ?

Je l’ai observé. Son regard jaune, perçant.
Sa présence.
Sa puissance. Il tentait de maintenir un pigeon ramier,
presque deux fois plus gros que lui. Son poitrail moucheté.
Sa concentration.
Sa force. J’étais comme hypnotisée.

Fin du spectacle. Retour au calme.

Et moi, je suis restée là. Avec cette question : Qu’est-ce que je fais de ce cadeau tombé du ciel ? Et surtout…
quel était le message ?

Depuis cinq jours, j’étais immergée dans un système. À apprendre.
Comprendre.
Construire. Mais une semaine plus tard, une évidence s’est imposée : Je m’éloignais de mon centre.

Ce marketing peut être un outil.
Oui. Mais à quel prix ? Pour moi.
Et pour les personnes que j’accompagne.

Parce que dans ma posture,
je veille profondément à autre chose. À l’éthique.
À la déontologie.
Au respect du rythme de chacun. Je ne force pas.
Je n’impose pas.
Je n’interprète pas à la place de l’autre. J’accompagne. Le conscient.
L’inconscient.
Les prises de conscience. Le passage à l’action… juste.

Alors il est essentiel pour moi de revenir à mon centre. À ce vivant qui me guide. À mes intuitions.
À mes perceptions.

Je me suis approchée de la fenêtre. Il a senti le danger. Il a desserré ses serres.
Et s’est envolé.
Sans sa proie. Le pigeon s’est réfugié dans un coin du jardin.
Les corneilles et les pies ont disparu. Le silence est revenu.

Et ce jour-là…Le regard perçant de l’épervier
est venu me réveiller. Me sortir de ma torpeur.

Me rappeler de continuer à répondre à l’appel du vivant. À rester authentique. À prendre soin de moi…
pour accompagner les autres.

Aujourd’hui, je sais. Ma place est là. Dans la nature.
Avec vous. À travers les bains de forêt,
la découverte des plantes sauvages comestibles,
et des accompagnements profonds, sensibles et sécurisants.

Je choisis de ne pas me perdre. Je choisis le vivant.