Naviguer à vue !
Comme une opportunité de se déposer dans l’instant présent.
De vivre au jour le jour.
Ce que, face à l’impermanence de la vie, nous devrions peut-être faire en permanence. Cette expression prend alors tout son sens.
Entre la découverte d’une maladie, les annonces, les décisions à prendre concernant les traitements, les supposés effets…
Il s’en passe, des choses.
Des projections.
Des anticipations.
Des représentations. Pour tout le monde.
Les médecins.
Le patient.
La famille.
Et pourtant, il se peut que rien ne se passe comme imaginé. Le corps est un merveilleux vaisseau.
Il sait, souvent mieux que nos peurs et nos scénarios, retrouver le chemin de son équilibre.
Le corps : ce merveilleux vaisseaux !
Allongée sur la table d’acupuncture, je réalise à quel point ce corps est un merveilleux compagnon. Il est là depuis le premier souffle. Il encaisse, il s’adapte, il compose. Et surtout, il parle. Le médecin m’accueille, m’écoute. Il me rappelle que lorsque le corps s’exprime, il envoie des signaux. Des appels. Des alertes. Des invitations à ralentir, à relâcher. Comme un arc longtemps tendu dans l’action, il a besoin de revenir à sa forme naturelle. Sous ses mains attentives, nous constatons ensemble les nœuds, les blocages, les vides et les pleins. Ce langage subtil des tissus et de l’énergie. Puis viennent les aiguilles. Mon corps est bardé de fines antennes de métal. Certaines s’enfoncent facilement. D’autres résistent. Nous osons approcher la zone de la cicatrice de la mastectomie. Là, le tissu est dense, dur, très fibrosé. Les aiguilles pénètrent avec difficulté. C’est parfois douloureux. Mais je sais. Je sens. L’énergie vitale cherche à y recirculer. À redonner du mouvement. À inviter les tissus à se détendre, à retrouver une forme de dialogue intérieur. Il ne s’agit pas de forcer. Il s’agit d’écouter, d’accompagner. Naviguer à vue, encore une fois. Entre ce que l’on anticipe, ce que l’on redoute, ce que l’on espère… et ce que le corps accepte de livrer, ici et maintenant.
Les patounes de mon chat : outil de soin instinctif

Le soir, une autre scène m’émerveille. Lorsque je m’allonge, mon chat vient chercher sa place. Elle se glisse contre moi, le long de mon visage. Elle s’assoit sur son train arrière et commence à patouner. Elle malaxe doucement. Lentement. En ronronnant. Ses pattes explorent mon corps comme si elles cherchaient un point précis. Un endroit juste. Devinez lequel. Toujours le même. Le point de la cicatrice. Le plus sensible. Le plus douloureux. Je la repousse parfois gentiment. Par réflexe. Par protection. Et puis je réalise. À travers ce geste instinctif, elle me fait un soin. Un soin animal. Vibratoire. Silencieux. Que disent le magnétisme, la science quantique, ou même les traditions anciennes de la capacité des chats à percevoir les déséquilibres, à apaiser, à accompagner la guérison ? Je n’ai pas besoin de toutes les réponses. Je constate. Le corps sait. Les animaux savent. Et moi, j’apprends à faire confiance. À naviguer à vue. À habiter l’instant. À laisser le vivant retrouver, à son rythme, le chemin de son équilibre.
Les animaux, co-régulateurs du vivant
Les animaux possèdent une capacité remarquable à percevoir les déséquilibres.
Leur système nerveux, finement accordé à l’environnement, leur permet de capter des variations que nous rationalisons ou ignorons. Le ronronnement du chat, par exemple, émet des fréquences vibratoires reconnues pour favoriser l’apaisement, la détente et même la régénération tissulaire.
En magnétisme comme dans certaines approches contemporaines, on parle de co-régulation : deux êtres vivants qui s’accordent pour retrouver un état plus stable. Les animaux ne cherchent pas à comprendre.
Ils ressentent.
Ils ajustent. À leur contact, le corps se souvient parfois plus vite que l’esprit du chemin de l’équilibre.
Mastectomie et méridien du Maître-Cœur
En médecine traditionnelle chinoise, la poitrine est traversée par plusieurs méridiens essentiels, dont celui du Maître-Cœur (Xin Bao).
Ce méridien est intimement lié au cœur, non seulement dans sa fonction physiologique, mais aussi dans sa dimension émotionnelle, relationnelle et affective. La mastectomie, par l’acte chirurgical et la cicatrice qu’elle laisse, peut créer une rupture dans la circulation du Qi et du Sang à cet endroit précis.
La fibrose, la perte de sensibilité ou, au contraire, l’hypersensibilité sont souvent les signes d’une stagnation, d’un territoire qui s’est figé pour se protéger. Travailler la cicatrice, par l’acupuncture, le toucher conscient, le massage, la respiration, revient à réinviter le mouvement, à redonner une voie d’expression au Maître-Cœur.
C’est une manière subtile de réparer le lien entre le corps blessé et le cœur sensible, entre l’histoire vécue et l’instant présent.
Ma plante alliée du moment : la rose musquée

En ce moment, ma grande alliée est la rose musquée. Son parfum m’apaise.
Il me calme.
Il m’apporte une sensation de douceur et de sensualité dans le quotidien. La rose musquée est connue pour ses vertus régénérantes sur la peau et les tissus, mais elle agit aussi comme une plante du cœur, au sens large.
Elle réveille la capacité à ressentir, à habiter son corps autrement, même après l’épreuve. Respirer son odeur, c’est s’offrir une pause sensible.
Un rappel que le corps n’est pas seulement un lieu de réparation, mais aussi un espace de sensations, de beauté et de désir de vivre.
Rose musquée
Nom latin
Rosa rubiginosa L.
(on la trouve aussi sous le nom Rosa moschata selon les usages et préparations, mais la rose musquée la plus couramment utilisée pour l’huile est Rosa rubiginosa ou Rosa canina)
Description botanique
La rose musquée est un rosier sauvage, vigoureux et résilient, qui pousse spontanément dans les haies, les lisières, les coteaux ensoleillés.
Ses tiges sont épineuses, ses feuilles finement dentelées, souvent légèrement odorantes lorsqu’on les froisse. Ses fleurs, simples et délicates, déclinent des tons de rose pâle à rose soutenu. Elles offrent un parfum subtil, parfois musqué, presque charnel.
À l’automne, elles donnent naissance aux cynorrhodons, riches et lumineux, véritables concentrés de vitalité. C’est une plante qui ne cherche pas la perfection : elle s’épanouit là où la terre est parfois rude, exposée, marquée.
Bienfaits et vertus
La rose musquée est particulièrement reconnue pour :
- sa puissante action régénérante sur la peau et les tissus
- son soutien dans les processus de réparation cicatricielle
- son aide précieuse pour les peaux marquées, sensibles, fragilisées
- sa richesse en acides gras essentiels, antioxydants et vitamine C
Sur le plan émotionnel et sensoriel, elle :
- apaise le système nerveux
- soutient les périodes de transition et de reconstruction
- réconcilie avec le corps après une épreuve ou une transformation
Son parfum agit comme une caresse olfactive, favorisant l’ancrage, le calme et la présence à soi.
Symbolisme et langage de la rose musquée
La rose musquée porte un symbolisme fort et profondément réparateur. Elle parle de beauté intacte après la blessure.
De sensualité retrouvée.
De cœur qui reste ouvert malgré les épines. C’est la rose de la résilience douce :
celle qui n’oublie pas ce qui a été traversé, mais qui ne s’y enferme pas. Elle enseigne que l’on peut être marqué·e et rester désirable.
Fragilisé·e et pourtant vibrant·e.
Transformé·e, sans avoir perdu son essence. Dans un chemin de guérison, elle murmure :
« Tu n’es pas que ta cicatrice. Tu es aussi ton parfum. »
