Propager l’onde, à l’aide de petits cailloux dans la mare

Publié le 10 août 2023 - Carnet d'humeur

Quand je sers le monde, je te nourris et je me nourris.

Une autre définition du Moi. Plutôt une définition du Soi, d’un système dans lequel nous sommes interdépendants, reliés à l’infini. Les relations sociales, nos interactions avec l’environnement agissent en miroir de Soi. Le conflit nourrit une compréhension de mes propres blessures. Car l’autre et moi même, sommes en réactivité.


Quand je suis dans la nature, que j’observe l’orage, les éclairs, et que ça provoque en moi des peurs incontrôlables, je suis en prise avec des réactions ancestrales, des peurs inconscientes profondes qui ont marqué ma lignée. Et je cherche refuge auprès de Dieu, dans ma grotte, sous ma couette. Instinctivement, je sais que si je sors, je me mets en danger. Je cours le risque de recevoir une branche cassée sur la tête, d’être la cible d’un éclair, d’être soulevée par la vague en furie, ou d’être balayée par le vent violent du moment.
Quand je consomme, que je satisfais mes désirs, que j’agis individuellement sans prêter attention à ce qui m’entoure,et ceux qui m’entourent. Quand je focalise mon attention sur mon nombril ; je dois me rappeler, qu’il était connecté au placenta de ma mère, à ses cellules, à la fusion de l’ovule et du spermatozoïde, à l’union de 2 êtres dans l’amour ; a l’instinct de reproduction de l’espèce ; à cette connaissance originelle de l’univers, de la voie lactée, des étoiles, et du plus grand que Soi.


C’est alors que je m’interroge sur ma place, mon rôle, ma mission. Nulle satisfaction en ne servant que mes propres intérêts. Bien au contraire… Le risque de ressentir une insatisfaction profonde. Un vide abyssal. Un non sens. Comme un sens interdit sur cette voie a sens unique. Le risque d’en vouloir toujours plus, de remplir mon coeur de matériel, de plaisirs éphémères, de chimères. Le besoin d’expériences uniques, incroyables, sensationnelles, extraordinaires, pour embellir le décor de ma vie, de mes réseaux sociaux, de la toile du peintre. Un décor denué d’émotions, sauf s’il est partagé avec l’autre, raconté. L’expérience devient alors rencontre sensorielle : l’odeur de la fleur de tiaré, la beauté des tortues, le sourire  de la vieille ridée,le thé tchai du café librairie, le don d’une mangue délicieuse.


Voyageons dans la nature, en activant nos 5sens : j’observe,je sens, je touche, je goûte, et j’écoute. J’accède à une autre compréhension du monde, et du sens de la vie. Je me connecte dans l’instant présent aux émotions que la rencontre suscite, aux inspirations qu’elles provoquent,aux résonances de nos vies, comme des reflets de notre lumière et des nos parts d’ombre.  Tout est si harmonieusement agencé ! L’un complète l’autre. Le jour et la nuit se succèdent.  La couleur de l’amour est le lien qui me relie aux autres, à mon environnement. De la compassion, de l’empathie et du pardon. Chacun dans sa dimension imparfaite, ondule avec le monde. Les couleurs de la vie illuminent le monde ! L’humain est un artiste incroyable, capable de peindre la toile du monde, avec toutes les dimensions. Ses rêves d’harmonie, de paix, de paradis, relèvent de sa capacité à être conscient, éveillé, responsable et engagé.


Je sais que la saleté existe. Je ne suis pas naïve. Je ne la nie pas. Je la regarde.  Mais plutôt que de m’énerver, de me mettre en colère. Je retrousse mes manches et je nettoie. J’active mes neurones et j’essaie de trouver des solutions pour y remédier. J’accepte que je ne pourrai pas changer le monde. Mais que ma responsabilité est de me changer moi même, ainsi que la petite communauté, société qui m’entoure. Comme le colibris, je prends ma part de responsabilité et d’engagement. J’enfile mon plus beau sourire, je prie pour le malheureux clochard qui déambule, je caresse l’espoir. J’oeuvre, je transmets, je fais rayonner. Je tombe et je me relève. Je ris et je pleure. J’alterne le silence a la parole. La solitude à la danse collective.

Je sais que chaque petite pierre, lancée dans la mare, crée  des cercles concentriques. Ils partagent le même centre, mais n’ont pas nécessairement le même diamètre. En répétant régulièrement le jet de cailloux dans ma mare, ces cercles consécutifs finissent par créer une onde régulière, harmonieuse, pérenne. Mais je dois continuer à agir pour qu’elle subsiste. Je ne dois pas baisser les bras, en focalisant mon attention sur tout ce qui va mal. Une onde mécanique est un perturbation  physique qui se propage dans un milieu : eau, air. Elle se propage à la surface de l’au dans toutes les directions. Tous ces ronds dans l’eau, ont toujours le même centre. L’impact du caillou sur la surface de l’eau. D’où l’importance pour chacun de nous de s’interroger : quel est notre centre sur cette surface de la vie ?


Une Chose est sûre,  c’est que cette démonstration physique nous rappelle notre capacité à agir sur ce point de contact avec la surface. Qu’on peut lancer ce petit caillou, et d’autres cailloux à intervalles réguliers pour que l’onde apparaisse. Vous imaginez bien que si une seule personne est responsable du lancer de ces cailloux, l’onde éphémère disparait. Car elle devra s’arrêter pour manger, pour dormir, pour uriner, pour satisfaire ses besoins vitaux. C’est là que la force du collectif prend le relais ! D’autres me relaient pour lancer les cailloux et produire ces ondes, à la surface de l’eau. Pour maintenir le monde en équilibre, et nourrir la vie.


Alors posons nous ces questions : quels petits cailloux voulons nous lancer dans l’eau ? Quelles sont les.personnes qui peuvent nous aider a lancer ces petits cailloux à intervalles réguliers pour produire cette onde harmonieuse ?  Quelle onde voulons nous voir se déployer ? Quel impact aura t’elle sur nos vies, notre environnement, nos proches ? Quel message portera t’elle pour Soi et pour les autres ?