Garder la tête froide et lacher prise avec la mélisse

Publié le 6 avril 2021 - Paroles de plantes

Aujourd’hui, notre expérience sensorielle partagée était avec la mélisse, melissa officinalis.

Nous commençons toujours par un temps de méditation pour calmer le mental, et observer le corps. Cette fois ci, je me suis fait guider. Je sortais d’un accompagnement en visio, qui m’a demandé de mobiliser pas mal d’énergie. Mes pensées avaient du mal à se poser, entre le travail, les coups de téléphone angoissés de ma fille parce qu’elle ne réussit pas à se connecter à e-lyco (plate forme visio pour les collégiens), et mon ventre qui gargouille de faim. Je réalise alors que j’ai peu mangé le matin, que j’enchaine, que mes lombaires sont encore douloureuses, et qu’il ne fait pas si chaud que ça. J’accueille ces observations, et je rentre en lien avec la mélisse.

Je l’ai prise dans les pots de l’association d’agriculture urbaine, Biotfull,installé au Solilab. Elle forme un massif magnifique. Au toucher, elle est un peu velue sur l’arrière, et lisse sur le dessus. Sa feuille est assez ronde et dentelée. Son odeur de citronnelle n’est pas aussi agréable que dans mes souvenirs. Elle me fait penser à un insecticide chimique pour faire fuir les insectes.

Associer la mélisse aux légumes du potager permet à la fois d’attirer des auxiliaires (dont des pollinisateurs) et de repousser des ravageurs.

Recette naturelle • INFUSION DE MELISSE – Fabrication: 500 g de plantes hachées grossièrement, les plonger dans 5L d’eau. Porter à ébullition. Arrêter la source de chaleur aux premiers bouillons. Couvrir, laisser infuser 12h sous couvercle. Utilisation: Se pulvérise pur pour la mélisse. Ne se conserve pas. insecticide

En bouche, elle est astringente, et me donne des frissons dans tout le dos. En infusion, elle est décevante : elle a un goût terreux qui n’est pas à la hauteur de la promesse de son odeur de citron. Le froid dans le dos s’intensifie, et circule sur toute la surface. Elles disperse, et me donne une haleine fraiche.

La mélisse est de nature énergétique froide. Elle est digestive.

Je suis prise d’un grand baillement. Le froid se disperse le long de mes bras, et dans mes jambes. Je sens un calme profond, une envie de dormir, de faire pause. J’observe une ligne plus chaude, de mon ventre à mon cœur. Je me sens plus apaisée. Je ressens un léger étourdissement. Je me rappelle qu’en période d’hypothyroïdie, j’évitais de la prendre, car elle augmentait mes vertiges et mon hypotension.

Elle est antispasmodique, antivirale. Elle calme, favorise la régulation de la glande thyroïde en diminuant la concentration de Tsh dans la circulation sanguine.

Avec cette expérience, au mois d’Avril, alors qu’il neige à Bruxelles, et qu’il recommence à faire froid dans nos régions, nous ressentons une certaine déception. Nous qui pensions qu’elle allait faire pétiller nos cellules, et nous apporter de la joie. Nous constatons qu’elle amplifie notre froid, nous fait lâcher prise, de manière presque trop radicale. Nous nous sentons un peu trop ramollies, et presque chamallow. Nous expérimentons aussi le décalage entre le parfum et le goût.

La mélisse provoque une vasodilatation périphérique légère, ce qui permet d’alléger la pression sur le cœur. Attention : la mélisse peut agir comme un hypotenseur manquant de discernement.

J’ai pourtant des souvenirs joyeux de la rencontre avec la mélisse. Je l’ai découverte par un heureux hasard dans le jardin de ma grand-mère. Je cherchais de la menthe pour une petite tisane digestive. J’avais bien vu des feuilles plus pâles, moins vertes que la menthe. En froissant les feuilles, une odeur de citronnelle s’en dégageait. La mélisse, colonisatrice, avait empiété sur l’espace de la menthe. J’en faisais des citronnades très agréables l’été. La légende familiale dit que mon arrière grand mère l’avait implantée à cet endroit, près du mur, non loin du puits. Cette aïeule était réputée pour avoir un fort caractère, et le sang chaud. Elle n’était pas commode la grand-mère ! Il faut dire qu’à cette époque, la vie n’était pas simple pour elle. Elle récupérait régulièrement son mari dans les fossés. On raconte qu’il chutait de vélo, ivre, en rentrant du bistrot. Elle a dû se faire plusieurs nœuds à l’estomac, et des nuits blanches avec un loulou pareil. Ses infusions de mélisse devait calmer ses montées de yang, bouffées de chaleur, en lui apportant de la fraicheur et du calme.

Elle est très efficace en effet, sur des conditions de feu extrême, comme les différents herpès, qu’elle calme et rafraîchit.

ÉLIXIR FLORAL (SOURCE : MCINTYRE)Renouvelle la santé et la vigueur, allège l’esprit et l’humeur, équilibre les émotions. Parfait pour les personnes ont la force et la santé ont été épuisées par le stress et l’inquiétude pour les autres, ce qui aura eu pour effet de restreindre leur propre vie et d’inhiber leur croissance spirituelle. Restauratrice, relaxante, soutient en période émotive difficile, augmente le courage et la force intérieure.

Sources d’inspiration : Materia Medica, école canadienne d’herboristerie Floramedicina – passeportsante.net –